Le Point Stratégique n° 3

Octobre 2026

Être exonéré ne sert à rien si l’on n’est pas payé

Six cents milliards de recettes qui ne sont pas revenues, ce que la loi vous demande exactement, et ce que le système panafricain de paiement change vraiment

Par Assome Aminata Diatta, ancienne ministre du Commerce et des PME du Sénégal, ancienne présidente du Conseil des ministres du commerce de la ZLECAf

Les deux premiers numéros portaient sur le droit d’entrer : le certificat d’origine pour les marchandises, les listes d’engagements pour les services. Celui-ci porte sur ce qui vient après, et qui décide en réalité si l’opération a lieu.

Le 19 novembre 2025, devant la Chambre de commerce de Dakar, la direction nationale de la Banque centrale a indiqué que près de 600 milliards de francs CFA de recettes d’exportation n’avaient pas été encaissées au titre de 2024. Un taux de défaut de 24,2 %. Près d’un quart. Le chiffre est public depuis bientôt un an, et il n’a presque pas été repris.

15 pages  ·  10 sections  ·  1 annexe  ·  sources vérifiables

Couverture du Point Stratégique numéro 3

Sept points à retenir

  1. Le chiffre existe, et il est sénégalais. Près de 600 milliards de francs CFA de recettes d’exportation non encaissées au titre de 2024, soit un taux de défaut de 24,2 %, selon la direction nationale de la BCEAO pour le Sénégal. Environ un milliard de dollars, pour la seule année et pour le seul Sénégal.
  2. Ce n’est pas une affaire d’impayés. Dans la plupart des cas, le client a payé. Ce qui manque, c’est le retour des fonds dans le pays, par le circuit bancaire prévu par la réglementation.
  3. Rapatrier n’est pas une option, c’est une obligation. Le Règlement n° 06/2024/CM/UEMOA du 20 décembre 2024 impose en son article 11 l’encaissement et le rapatriement de l’intégralité des sommes provenant des exportations de biens et de services.
  4. Deux situations très différentes portent le même nom. Ne pas pouvoir rapatrier, parce qu’une banque centrale étrangère retient les devises, et ne pas avoir rapatrié, qui est un manquement. Le taux de 24,2 % additionne les deux, et l’entreprise répond chez elle d’un retard parfois provoqué ailleurs.
  5. Un paiement entre deux pays africains passe encore, le plus souvent, par l’Europe. Deux conversions, deux marges de change, deux délais, et une relation de correspondance bancaire que la banque étrangère peut interrompre sans vous consulter.
  6. Le système panafricain de paiement grandit vite, mais sur de petits montants. En un an, ses volumes ont été multipliés par onze environ pendant que les montants un peu plus que doublaient. Le paiement moyen qui y transite a donc été divisé par cinq.
  7. L’Afrique centrale est membre, l’Afrique de l’Ouest observe. La Banque des États de l’Afrique centrale a adhéré en juillet 2026. La BCEAO prépare un pilote de six mois avec plus de quatre-vingts banques de l’Union, auquel elle participe en qualité d’observateur.
Graphique : taux de défaut d'encaissement des recettes d'exportation du Sénégal pour l'exercice 2024, soit 24,2 pour cent, représentant près de 600 milliards de francs CFA.
Près d’un quart des recettes d’exportation sénégalaises de 2024 ne sont pas revenues par le circuit bancaire. Six cents milliards de francs CFA, soit environ un milliard de dollars, c’est-à-dire un montant comparable à tout ce que le transport aérien mondial laissait bloqué sur la planète entière à la même période. Sources : BCEAO, direction nationale pour le Sénégal, 19 novembre 2025 ; Association internationale du transport aérien, relevé d’octobre 2025.
Les 600 milliards se comptent. Les contrats auxquels on renonce faute de savoir comment on sera payé ne se comptent pas, et ils pèsent probablement plus lourd.

Ce que contient le document complet

01Six cents milliards, et presque personne n’en a parlé
02Ce que la loi vous demande exactement
03Deux choses très différentes qu’on appelle du même nom
04Ce que coûte un paiement qui n’arrive pas
05Pourquoi un paiement entre deux pays africains passe par l’Europe
06Ce que le système panafricain de paiement fait, et ce qu’il ne fait pas
07L’Afrique centrale est membre, l’Afrique de l’Ouest observe
08Le contrat qu’un confrère a laissé partir
09Ce qu’une entreprise peut faire maintenant
10Ce que l’État doit faire, et dans quel ordre
AAnnexe. Où vérifier, et avec qui

Le document complet, quinze pages, est envoyé gratuitement aux inscrits. Il contient le détail de l’obligation de rapatriement et de la chaîne documentaire qui va de la domiciliation à l’apurement, les trois questions à poser à votre banquier, les trois clauses à écrire dans vos contrats, et les parades que pratiquent les entreprises aguerries.

Le formulaire se trouve juste en dessous. Trois champs, et vous le recevez par courriel.

Pour citer ce document : Diatta, A. A., « Être exonéré ne sert à rien si l’on n’est pas payé », Le Point Stratégique n° 3, Assome Mbodja & Associates, Dakar, octobre 2026.

Périodicité mensuelle. Numéro précédent : Vendre ses services dans l’espace ZLECAf. Les questions à poser à votre banquier seront détaillées lors du webinaire gratuit du jeudi 5 novembre, de 15h à 16h, heure de Dakar.

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Le Point Stratégique n° 3 : être payé dans l'espace ZLECAf

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